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L’école abbatiale Paix-Notre-Dame

Eléments d’histoire

 

C’est en 1627 que quelques moniales de l’ordre Bénédictin arrivèrent à Liège, avec l’intention d’y ouvrir une maison. En juillet 1628, elles achètent une métairie en Avroy, qu’elles développèrent progressivement pour aboutir à l’abbaye « Paix-Notre-Dame » actuelle, située au n°54 du boulevard d’Avroy. Très vite, elles offrirent aux jeunes filles un encadrement pédagogique, tout en maintenant leur identité de contemplatives bénédictines, vouées à la célébration des offices, à la méditation et à la prière.

L’école abbatiale proprement dite a été créée par Constance Greck le 1er juin 1797. A une époque où plus aucune structure scolaire n’existait à Liège du fait du chaos révolutionnaire, cette moniale, en compagnie de trois autres compagnes, eut l’audace de racheter les bâtiments de l’abbaye, alors nationalisés, et d’y installer un nouveau pensionnat pour jeunes filles. Par cette initiative, Dame Constance Greck fit de son pensionnat la plus ancienne école liégeoise organisée sous le Nouveau Régime issu de la Révolution Française.

Certes, au départ, un minerval était requis pour les pensionnaires. Mais, dès 1841, les ressources de cette « école payante » permirent d’ouvrir une école gratuite, l’institut Saint-Benoît, qui se chargea, lui, plus particulièrement, de l’enseignement primaire auprès des enfants défavorisés. Cet institut compta jusqu’à 200 élèves à la fin du XIXème siècle, et créa même une des premières écoles maternelles de Liège (un cours Fröbel comme on disait à l’époque) dès 1905.

A l’école abbatiale, l’enseignement, de type « secondaire », dispensé aux pensionnaires, bientôt rejointes par des élèves externes, était très en avance sur son temps au XIXème siècle : à l’époque où l’enseignement des filles était encore essentiellement axé sur le maintien, l’économie domestique, la cuisine ou la couture, les jeunes filles de l’Ecole devaient apprendre en préambule les droits de l’homme. Puis elles recevaient un enseignement non seulement domestique mais aussi intellectuel : les Bénédictines avaient créé des cours de langue française, allemande et anglaise, d’écriture, d’arithmétique, littérature, histoire et géographie. Dès 1870, un cours de flamand fut inauguré, bientôt suivi par un cours de physique et d’histoire naturelle (future biologie).

Le règlement était strict : un maintien parfait était exigé, notamment au niveau de la politesse. Les jeunes filles se levaient comme les moniales, en semaine, à 5h40, assistaient à certains offices, avant de vaquer aux différents cours, ponctués de repas et de nécessaires récréations Quant aux dortoirs, c’était en fait des alcôves où l’on se couchait tôt (vers 20 heures...). Les parents pouvaient rendre visite à leur fille le dimanche à 10 heures. L’uniforme était de rigueur : robe en coton noir, avec ruban de velours assorti dans les cheveux pour la semaine ; le dimanche, fourreau de taffetas en été, robe en mérinos noir à manches longues en hiver. Le chapeau de paille d’Italie faisait partie de la tenue.

Les fêtes de l’année liturgique étaient évidemment célébrées à l’Ecole ; d’autres fêtes internes plus pittoresques s’y ajoutaient : ainsi en était-il de la saint-Nicolas, où les élèves jouaient une pièce de circonstance avant de jeter des noix, selon une coutume ancestrale de la région. Le jour des saints-Innocents, le 28 décembre, le « pouvoir » était remis aux élèves à l’école, tout comme aux novices à l’abbaye. La Fête des Rois était célébrée selon la tradition par un gâteau avec sa fève, tandis que, lors de la foire d’octobre, seule une élève interne de confiance pouvait se rendre sur le site forain afin d’en ramener des friandises pour l’ensemble de ses condisciples. Après la première guerre mondiale, l’Ecole abbatiale fut un des premiers établissements de jeunes filles de Liège à créer des humanités anciennes (1922) : l’objectif déclaré – très en avance sur son temps - était d’oeuvrer à l’égalité des sexes et à l’émancipation féminine en offrant aux jeunes filles le même type d’enseignement que celui que les garçons de leur âge recevaient. Afin d’assurer cette formation nouvelle, les religieuses allèrent jusqu’à faire appel aux services d’un professeur de l’athénée voisin, qui enseigna pendant quelques années le grec, en présence non seulement d’élèves... mais aussi de jeunes religieuses appelées à prendre son relais une fois leur formation jugée suffisante. C’est aussi l’époque où, en l’absence de laboratoires de sciences à l’école abbatiale, les jeunes filles vinrent au Collège Saint-Servais profiter des laboratoires créés par le Père Desoil. Certes, tout un dispositif avait-il été prévu pour que les jeunes filles ne rencontrent pas les élèves du collège Saint-Servais au cours de leur studieuse promenade dans la ruelle des Bénédictines...
ou à travers le Collège. Mais l’imagination des élèves des deux sexes était déjà débordante : c’est peut-être l’époque de l’apparition de la légende du souterrain qui aurait relié le Collège Saint-Servais à l’abbaye des Bénédictines… Malgré de nombreux travaux que les deux écoles entreprirent au cours de leur histoire, on ne le trouva jamais.

Il faut écrire que le règlement des deux écoles était très strict sur la fréquentation des élèves des deux sexes : ainsi, la ruelle des Bénédictines était-elle interdite aux élèves de Saint-Servais, de même que le stationnement au portail de l’école des Bénédictines… dans ce domaine, le Préfet de discipline du Collège eut fort à faire...

Après la seconde guerre mondiale et le Pacte Scolaire, les études aux Bénédictines s’alignèrent, comme dans toutes les autres écoles, sur le programme officiel, pour garantir l’homologation des diplômes.
C’est en 1967 que l’internat, qui existait depuis la création de l’école ferma, victime de contraintes budgétaires.
Le partenariat avec le Collège Saint-Servais se dessina au début des années 80 : après une longue période de mûrissement, il aboutit à la création, en 1992, du Centre Scolaire Saint-Benoît Saint-Servais : Saint-Benoît, du nom du fondateur de l’ordre bénédictin, Saint-Servais du nom originel du Collège des Jésuites.

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